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Vie active - Les nanotechnologies - Comprendre
Etablir un registre Belge des nanomatériaux : lettre ouverte
par Valérie Xhonneux - 7 mai 2013

Les nanomatériaux sont de nouveaux matériaux manufacturés, d’une taille extrêmement petite (un nanomètre équivaut à un milliardième de mètre). De ce fait, ils présentent des propriétés différentes de celles des matériaux et substances chimiques traditionnels : meilleure réactivité, résistance, conductivité électronique, efficacité, etc.

Les nanomatériaux sont inclus de manière croissante dans toutes sortes de produits et d’applications. Ils peuvent être retrouvés dans les composants de voitures, dans les laques et peintures, les cosmétiques, les technologies électroniques et de l’information, les cellules photovoltaïques, les appareils médicaux, les produits de beauté, les sprays, les articles de sport, les textiles, etc. En un mot, ils peuvent se trouver tant dans le dentifrice que vous utilisez le matin, les chaussettes et le t-shirt que vous portez, ou encore la voiture que vous conduisez.

Malgré leur présence croissante dans nos vies, nous ne savons que très peu de choses sur eux et leurs impacts –à court et à long terme– sur la santé humaine et l’environnement.

Les nanomatériaux ne sont pas réglementés et devraient être fabriqués, vendus, utilisés et éliminés d’une manière responsable, sûre et durable. Ce n’est que de cette manière que les citoyens pourront, éventuellement, faire confiance à cette technologie, mais cette confiance doit encore être gagnée… Les fabricants de nanomatériaux ne sont pas d’accord avec cette approche et arguent qu’une liberté (presque) totale devrait leur être laissée pour les produire et les distribuer.

Les consommateurs, les travailleurs et la société civile devraient savoir exactement ce qu’ils achètent, manutentionnent et utilisent. Pour atteindre cet objectif, nous devrions tous avoir accès à des informations transparentes et complètes sur les nanomatériaux et les produits qui en contiennent.

Dans ce contexte, nous rappelons fortement et soutenons la recommandation de la présidence belge de l’Union européenne en 2010 : "d’assumer la responsabilité au niveau des États-membres et d’élaborer, pendant une période de transition, des stratégies nationales et des mesures concrètes coordonnées et intégrées en vue d’améliorer la gestion du risque, l’information et le monitoring”.

La meilleure manière de concrétiser cette intention est d’instaurer un registre qui garderait trace de tous les nanomatériaux et les produits qui en contiennent. Un tel outil garantirait la traçabilité, inspirerait confiance à toutes les parties prenantes et contribuerait à la compétitivité et à l’innovation des entreprises belges et européennes. En outre, si l’exposition à des nanomatériaux devait mener à des maladie, des crises en matière de santé publique ou à de problèmes environnementaux, les autorités seraient capables d’utiliser les informations de ce registre et d’agir de manière plus efficace.

Pour toutes ces raisons, les acteurs de la société civile appellent à la création d’un registre qui contienne des informations claires :

Lettre ouverte signée par CSC, BBL Vlaanderen, CGSLB, CRIOC, FGTB et Fédération Inter-Environnement Wallonie.