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Vie active - Transports - Comprendre
Vélo en ville : les avantages l’emportent sur les risques
par Alain Geerts - 13 août 2010

Des chercheurs Hollandais se sont penchés sur les risques et les bénéfices sanitaires découlant de la pratique du vélo en ville. Cette étude statistique permet de répondre aux « sceptiques » qui utilisent trop facilement les arguments de la pollution de l’air et de la sécurité pour continuer à grimper dans leur voiture. Et, si ses résultats paraissent « évidents » aux cyclistes convaincus, elle n’en demeure pas moins un travail précieux pour motiver les élus locaux à mettre en oeuvre des conditions de déplacement correctes pour les utilisateurs quotidiens de la petite reine.

Source : Le Journal International de Médecine

L’incitation à remplacer, pour les trajets urbains courts, l’utilisation de la voiture personnelle par celle de la bicyclette va croissant en Europe, où plusieurs capitales ont mis en place des systèmes permettant l’accès, à faible coût, au vélo. Si passer de l’auto au vélo pourrait avoir des effets bénéfiques sociétaux, dont une diminution des émissions de polluants de l’air, une réduction des émissions de gaz à effet de serre, et une augmentation de l’activité physique, il pourrait en être autrement à l’échelle individuelle, où l’accroissement de l’exposition à la pollution atmosphérique et du risque d’accident de la circulation pourraient prévaloir.

Des auteurs de l’université d’Utrecht et de la Netherlands Environmental Assessment Agency ont donc évalué les risques et les bénéfices sanitaires de ce changement de mode de transport, pour l’individu et pour la société.

Ils ont passé en revue la littérature et évalué, en supposant que 500 000 sujets changent leurs habitudes, l’impact sur la mortalité toutes causes en, années de vie gagnées ou perdues, du passage de l’auto au vélo pour de courts trajets quotidiens, notamment de 7,5 km et 15 km, aux Pays-Bas. Différentes études ont montré que la voiture était utilisée dans ce pays, pour 20 % et 30 % des trajets, respectivement pour faire les courses et se rendre au travail ; près de 50 % de ces trajets auto étant inférieurs à 7,5 km.

À l’échelle individuelle, cette étude estime les effets bénéfiques de l’accroissement de l’activité physique à 3 à 14 mois de vie gagnées. Ce gain l’emporte sur l’effet potentiel sur la mortalité de l’augmentation de l’exposition aux polluants de l’air inhalés, estimé à 0,8 à 40 jours de vie perdus, et sur l’impact de l’augmentation des accidents de la circulation, estimé à 5 à 9 jours de vie perdus.

Pour la société entière, les bénéfices pourraient l’emporter plus fortement encore sur les risques, par réduction de la mortalité liée aux expositions au long cours à la pollution de l’air, et, peut-être, à long terme, par diminution des accidents de la circulation. La présence d’un plus grand contingent de cyclistes en circulation serait susceptible d’améliorer leur prise en compte par les automobilistes. Plaident dans ce sens les taux de mortalité et de blessures par accidents de la circulation relativement plus faibles observés aux Pays-Bas et en Allemagne, pays à relativement haut niveau de vélo et de marche, en comparaison des Etats-Unis. Cet effet possible du nombre de cyclistes sur la sécurité reste cependant difficile à distinguer de celui de l’aménagement de plus de pistes cyclables.

Cette étude, conduite aux Pays-Bas, où 40,8 % des plus de 18 ans possèdent à la fois une voiture et un vélo, et où le vélo est roi et les aménagements cyclables importants, suggère que les effets bénéfiques du passage de l’auto au vélo, sur la mortalité toutes causes, l’emportent en moyenne sur les risques. JJ de Hartog et coll. en appellent aux décideurs, en insistant sur la nécessité d’une réglementation de sécurité et de l’aménagement d’infrastructures.

Dr Claudine Goldgewicht

L’étude complète (en anglais).