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Notre santé - Cancers - Comprendre
Cancer et environnement : quand les experts rassemblent leurs savoirs...
par Véronique Paternostre - 17 janvier 2009

Le 02 octobre 2008 sortait l’étude « expertise collective » réalisée par l’Institut national de la santé et de la recherche en médecine (Inserm)
à la demande de l’Agence française de sécurité sanitaire de
l’environnement et du travail (Afsset). Elle est maintenant intégralement disponible sur le site de l’Inserm.

Quelle est la contribution des facteurs environnementaux à l’augmentation constatée de l’incidence de certains cancers ?

Cette revue très complète de la littérature scientifique mondiale (plus de 1.800 articles scientifiques analysés) recense les cancers liés aux principaux agents cancérogènes, avérés ou suspectés, présents dans l’environnement. Entre 1980 et 2005, compte tenu des évolutions démographiques, l’incidence des cancers s’est accrue de 35 % pour les hommes et de 43 % pour les femmes. Ont-ils augmenté du fait d’un dépistage plus répandu ? « L’évolution de la démographie et des pratiques médicales n’explique pas à elle seule l’augmentation constatée », répond l’expertise.

Les experts réunis par l’Inserm ont pris en compte les facteurs de risque
environnementaux des cancers « dont l’exposition est subie et non générée par des comportements individuels », ce qui leur a fait, par exemple, inclure le tabagisme passif et exclure le tabagisme actif.

Prostate, sein, poumon, thyroide, sang, peau, testicule, cerveau...

Une augmentation de l’incidence des neuf cancers a été observée entre 1980 et 2000. Sur la période plus récente (2000-2005) on constate un ralentissement de cette augmentation voire une diminution de l’incidence pour certaines localisations.

Particules fines, radiations ionisantes, pesticides...

Plusieurs facteurs environnementaux classés dans le groupe 1 des cancérogènes avérés par le CIRC [1] sont impliqués dans les cancers qui font l’objet de cette expertise. Il s’agit principalement de facteurs de risque professionnels (amiante, certains métaux, hydrocarbures polycycliques aromatiques, benzène, radiations ionisantes dont le radon...). Des facteurs présents dans l’environnement général ont également fait la preuve de leur cancérogénicité comme le tabagisme passif, l’arsenic ou le radon.

Même s’ils se sont heurtés dans bon nombre de cas à l’absence ou à
l’insuffisance de "données permettant de quantifier les expositions et
de préciser les co-expositions", ils citent plusieurs études montrant
une association entre les particules atmosphériques provenant du trafic
automobile, du chauffage et des activités industrielles, et le cancer du
poumon.

Par ailleurs, ils révèlent que chez l’enfant, l’utilisation domestique de pesticides, notamment d’insecticides domestique, par la mère pendant la grossesse et pendant l’enfance a été associée aux leucémies et, à un moindre degré, aux tumeurs cérébrales.

Recommendations

L’étude présente de nombreuses recommendations qui touchent :

- la surveillance épidémiologique des cancers et des populations exposées (registres, bases de données...)

- des mesures en termes de prévention et de précaution liées aux facteurs environnementaux (qualité des milieux, traçabilité, surveillance de la population, information...)

- des polluants en particulier : amiante, radon, particules fines, pesticides...

- des pistes vers une meilleure maîtrise de la gestion du risque.

Pour en savoir plus

Lire le communiqué complet sur le site de l’INSERM.

notes :

[1Centre International de Recherche sur le Cancer (en anglais International Agency for Research on Cancer = IARC) Voir le site.