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Notre environnement - Agents chimiques - Comprendre
L’agrochimie se régale des aléas climatiques et de la spéculation sur les matières premières alimentaires
par Alain Geerts - 24 avril 2013
Les grands groupes agrochimiques (Syngenta, Bayer, DuPont et Monsanto) qui « contrôlent » (quasi au sens mafieux du terme) le modèle agricole productiviste se portent manifestement bien, alors que l’on souhaiterait, pour des raisons à la fois environnementales, sociales, de santé publique et de solidarité Nord/Sud, les voir progressivement disparaître. Les facteurs facilitants cette santé financière indécente sont multiples, mais nous retrouvons systématiquement : les conditions météorologiques de plus en plus erratiques et extrêmes, stressantes pour les agriculteurs et la hausse des prix des denrées alimentaires... Notons en passant que 3 de ces sociétés-rapaces sont impliquées dans le conflit sur l’interdiction des pesticides décimeurs de colonies d’abeilles.

Dupont

Un communiqué de l’agence Reuter vient d’annoncer que Dupont a fait état ce mardi 23 avril d’un bénéfice net plus que doublé au premier trimestre. Le numéro un américain de la chimie a bénéficié d’une forte demande pour ses semences résistantes à la sécheresse et ses produits de protection des récoltés qui stimulent les rendements. Le bénéfice net s’est élevé à 3,35 milliards de dollars (3,58 dollars par action) contre 1,49 milliard (1,58 dollar/action) il y a un an. Le premier trimestre s’est terminé, avec une forte performance de l’agriculture.

Syngenta

Le groupe agrochimique Suisse Syngenta, a dévoilé il y a peu un bénéfice net record en 2012 de 1,7 milliard de francs, en hausse de 17%. Syngenta a réussi à « maintenir la dynamique de ses ventes » pour dégager ces bénéfices inégalés. Son quatrième trimestre s’est révélé « excellent » en Amérique latine et en Amérique du Nord, précise la société. Pour information, son chiffre d’affaire s’élève à 14,2 milliards de dollars. La hausse des prix agricoles a soutenu la demande de produits phytosanitaires, de semences et d’équipements, les conditions météorologiques de plus en plus erratiques et extrêmes poussant en outre les agriculteurs à s’appuyer de plus en plus sur la technologie pour s’assurer de bons rendements précise un communiqué Reuters.

Monsanto

Le groupe d’agrochimie Monsanto a, quant à lui annoncé début de l’année un bénéfice trimestriel presque triplé sur un an à 339 millions de dollars, bien meilleur qu’attendu, grâce à un bond de ses ventes d’OGM de maïs et de désherbants et pesticides.

Bayer

Et n’oublions pas Bayer. En 2012, Bayer a particulièrement réussi dans ses activités pour l’agriculture. Les ventes CropScience ont ainsi progressé de 15,5 % (+12,4 % après ajustements pour effets de change) pour atteindre 8 383 millions d’euros (contre 7 255 millions d’euros en 2011), dans un contexte commercial attractif. Cette croissance est largement due à la vente de nouveaux produits de protection des cultures et à une progression rapide des ventes de semences. Les ventes d’insecticides, de fongicides et d’herbicides enregistrent respectivement une hausse de 14,8 %, 13,2 % et 10,1 %.. Grâce à cette progression dans toutes les régions -mais surtout en Amérique du Nord-, les ventes de semences ont augmenté de 14,1 %. Ce secteur a connu une croissance à deux chiffres dans chacune des principales catégories de cultures (colza/canola, riz et coton).

Pas de scrupules...

Cette santé financière va sans aucun doute leur permettre, entre autres, de consolider leurs activités de lobbying (voir par exemple ici pour les néonicotinoïdes ou ici pour les influences sur le système législatif) et de colonisation du monde rural pauvre.

Il est par ailleurs de toutes évidences inutile de penser que ces sociétés « agrochimicoalimentaires » éprouvent le moindre scrupule relatif aux conséquences de leurs activités sur, pour le dire simplement, l’équilibre et la santé de la planète et de ses habitants, focalisées qu’elles sont sur leur rentabilité et la recherche de l’entière satisfaction des marchés et de leurs actionnaires. Il y a suffisamment d’éléments en ce sens dans l’histoire de Bayer et Monsanto pour accréditer cette affirmation.

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