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Nucléaire : les risques des faibles doses d’irradiation sont largement sous-estimés
par Pierre Titeux - 9 mars 2012

A la veille du premier anniversaire de la catastrophe de Fukushima, le Grappe (Groupe de Réflexion et d’Action Pour une Politique Ecologique) et Inter-Environnement Wallonie souhaitent attirer l’attention sur les dernières études attestant des impacts sanitaires des irradiations à faibles doses et sur l’insuffisance des normes actuelles d’exposition.

Le colloque « Radioactivité et Santé » organisé par le Grappe ce 2 mars 2012, a permis de mettre en lumière les nombreuses insuffisances qui affectent l’évaluation des risques liés aux faibles doses d’irradiation et en conséquence remettent en cause les normes de radioprotection.

Si les scientifiques, spécialistes des radiations ionisantes, présents ce 2 mars, s’accordent pour dénoncer les incertitudes qui pèsent sur la connaissance des risques, il apparaît que ces incertitudes conduisent toutes au constat suivant : Il n’y a pas à ce jour surestimation des risques mais sous-estimation.

1. De très nombreuses publications montrent que les enfants et, plus encore, les enfants à naître sont nettement plus vulnérables face à la radioactivité que les adultes. De même, face au risque de cancer, les femmes apparaissent comme nettement plus vulnérables. Or, les normes (directive 96/29/Euratom du 13 mai 1996) en vigueur fixent les valeurs-limites d’exposition sur base de la sensibilité d’un homme adulte.

2. L’épidémie de cancers de la thyroïde qui frappe les pays contaminés par les retombées de la catastrophe de Tchernobyl (en ce compris l’Europe occidentale, diversement touchée) atteste d’une réaction trop peu prudente ou trop lente des responsables de la radioprotection lors du déroulement de cette catastrophe. Cette pathologie atteint surtout ceux qui étaient enfants en 1986.

3. La focalisation de la radioprotection sur le cancer (principalement le cancer mortel) et les effets génétiques (les 2 premières générations) minimise ou néglige des effets aussi graves que le cancer non mortel, l’augmentation de la mortalité infantile, la réduction du taux de natalité et de celle du poids des nouveau-nés, sans oublier la détérioration générale de la santé qui se traduit par un vieillissement prématuré. Tous ces effets souvent classés au registre de la radiophobie par les instances officielles, ont été mis en évidence après Tchernobyl dans de nombreux travaux scientifiques.

4. Des malformations congénitales particulièrement invalidantes ou mortelles sont apparues après Tchernobyl dans de nombreux pays diversement touchés par le nuage de Tchernobyl (notamment la Turquie, la Bulgarie, la Croatie et l’Allemagne).

5. Des études épidémiologiques récentes effectuées en Allemagne (2007) et en France (2012) confirment l’augmentation du risque de cancer (surtout la leucémie) au voisinage des installations nucléaires, phénomène mis en évidence à de nombreuses reprises depuis plus de 20 ans (Royaume-Uni, Allemagne, Suède, France-La Hague). Ces résultats, statistiquement significatifs, ne peuvent s’expliquer avec le modèle de risque actuellement en vigueur, élaboré par la CIPR. Or, c’est ce modèle qui est à la base des normes de radioprotection.

Il faut se rappeler que les normes de radioprotection, décidées au niveau européen dans le cadre du traité Euratom, sont basées sur trois principes (justification, optimisation, limitation) qui légitiment le choix de l’énergie nucléaire, considéré comme bénéfique a priori pour ceux qui en sont destinataires. Il en résulte que les normes ont pour fonction, non pas de protéger les personnes du public les plus fragiles ni même les travailleurs mais bien de ne les protéger que dans une mesure compatible avec le développement de l’industrie nucléaire.

C’est ainsi que des seuils d’exemption pour la gestion des déchets ou des rejets radioactifs ont été adoptés pour alléger les coûts d’exploitation et que des valeurs-limites pour les aliments contaminés ont été déterminées pour gêner le moins possible le commerce international (règlement de la Commission du 27/09/2011)

Cette situation n’est plus acceptable à ce jour et doit être revue.

Le Grappe et IEW estiment que :
- dans la situation actuelle, les normes de radioprotection protègent plus l’industrie nucléaire
- que la santé des populations et des travailleurs ;
- le principe de précaution doit être d’application pour établir les normes
- le modèle de risque CIPR (Commission Internationale de Protection Radiologique) doit être réévalué vu l’accumulation de données qui le mettent en cause.

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